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Entretien avec Philippe Soual

Publié par cofidoc le 21 juillet 2018

À l’occasion des 20 ans de Cofidoc, on vous propose un retour en arrière avec son créateur et PDG, Philippe Soual.
Dans cet entretien, il nous raconte l’histoire de Cofidoc, ses débuts, son évolution et nous dévoile quelques nouveautés.
Bon anniversaire Monsieur.

 

Que faisiez vous en juillet 1998 ?

J’étais infirmier libéral à Toulouse et j’avais déjà l’idée de créer un service pour les professionnels de santé. Au moment où l’on commençait à parler de la télétransmission, je voulais offrir une solution alternative à l'informatique sans que les professionnels n’aient besoin de s’équiper en ordinateur, logiciel, etc.

 

Qu’est-ce qui vous a motivé à quitter le libéral et créer votre société ?

C'est le besoin d'aider de cette profession qui se retrouvait dans cette problématique avec la télétransmission.

Les délais de paiements auprès des caisses étaient considérablement longs et j'étais déjà convaincu que ça concernait tous les infirmier.es, pas seulement celles et ceux autour de moi.

Je voulais être utile à cette profession autrement que par le soin.

 

Vous avez dû vous entourer de personnes pour former votre équipe, vous épauler, vous avez toujours fait confiance à votre instinct ?

Oui et j’ai démarré tout seul. Ensuite j’ai formé une secrétaire. Nous avons créé la fiche planning.

 

Au départ ce n'était pas le service que nous connaissons. Vous faisiez de l’affacturage. Vous avez très vite proposé une nouvelle façon de faire. Pourquoi ?

Au début effectivement, les délais de paiement des télétransmissions étaient extrêmement longs et beaucoup de professionnels de santé avaient besoin d’argent immédiatement. Avec notre système, ils n’étaient pas obligés d’attendre les règlements des organismes payeurs, nous leur avancions les sommes à percevoir.

Dans les 2 ans qui ont suivis, les caisses de Sécurité sociale ont amélioré les délais et le service d’affacturage n’était plus pertinent.

Le coût était aussi plus cher que le service actuel. C’est pour ces raisons que nous avons proposé une nouvelle façon de faire qui est l’offre actuelle.

 

Ce fameux sourire, logo de Cofidoc comment l’avez vous choisi ? Qui a eu l’idée ?

L’idée est venue avec une petite boîte de pub à l’époque qui a compris notre besoin : avoir un logo qui corresponde à ce que nous sommes ; un lien entre les professionnels de santé et les organismes payeurs et retrouver le sourire.

C’est ce qui  arrive à nos clients quand ils viennent chez nous. Dans ce sourire tout est réuni et je souhaite qu’il soit encore source de beaucoup de nouveaux sourires !!

 

Depuis une dizaine d’années vous mettez en place un modèle économique d’ouverture d’agences souvent à la demande de vos salariés. Si demain l’un.e de vos secrétaires souhaite ouvrir une agence à Dijon c’est possible ?

Oui. Clairement oui ! Ce qui compte chez nous c’est d'être proche de nos clients.

Si un salarié le souhaite, on peut ouvrir une agence dans la région de son choix car le personnel est déjà formé. La bonne volonté des salariés suffit.

Nous voulons continuer à développer ce modèle d’agences de proximité pour être au plus près de nos clients.
La relation humaine est très importante pour un professionnel quand il décide de confier sa facturation à une société. Ils passent leur vie à s'occuper de leurs patients, il est important que nous prenions le temps de nous occuper d’eux.

 

Pourquoi est-ce si difficile d’ouvrir des agences en Alsace-Lorraine ?

Tout simplement parce que le système d’assurance maladie est moins contraignant : il prend en charge 90 % du régime obligatoire. Il y a moins de tiers payant.

Les parts mutuelles sont très souvent réglées par les patients.

Nous avons quand même des clients en Alsace, ils sont gérés par notre agence de Lille.

Il faudrait que l’on ouvre une agence à Strasbourg. Cela fait partie de nos projets 2019/2020.

 

Vous avez récemment fermé physiquement l’agence de Guyane. Vos clients guyanais sont désormais pris en charge par vos agences aux Antilles. Envisagez-vous d’ouvrir à nouveau une agence en Guyane ?

Non. Il y a beaucoup de concurrence en Guyane, beaucoup de petites sociétés se sont créées et c’est un peu plus compliqué que dans les autres départements d’Outre-Mer.
Avec les moyens que l’on a développés chez nous depuis des années, il est tout à fait possible de tout gérer à distance depuis les Antilles.

 

Vous êtes présents dans certains départements d’Outre-Mer. Pourquoi pas Mayotte ? Saint-Pierre et Miquelon ? La Polynésie Française ?

Parce que nous n’avons encore pas trouvé les bonnes personnes pour y ouvrir une agence.

 

Dans quelle ville s’ouvrira la prochaine  agence Cofidoc ?

Ce sera à Valenciennes en septembre prochain.

 

La 30ème ce sera où et quand ?

Quimper en octobre 2018.

 

En 20 ans vos tarifs n’ont pas augmenté. Vous allez maintenir ce taux de 4% pour un professionnel de santé seul qui souhaite se libérer du temps ?

Oui et cela n’augmentera jamais !

Il y a 2 choses qui ne changeront jamais chez Cofidoc : le tarif et le « sans engagement ».

 

Justement, vos services sont tous sans engagement. Pourquoi est-ce si important pour vous de laisser une telle liberté à l’époque des abonnements en tout genre ?

Parce que ce n’est pas un modèle économique qui nous convient. Nous voulons laisser le professionnel totalement libre de trouver la solution qui lui convient le mieux. Nous allons continuer à être différents des autres offres proposées et puis il y a une forme de liberté à laquelle je tiens énormément.

On ne veut que des clients satisfaits.

 

La concurrence s’est largement développée au cours des 10 dernières années. Ça fait plaisir d'être copié ou ça met la pression ?

Ça me fait très plaisir ! Sur des idées qui étaient novatrices il y a 20 ans et auxquelles peu de personnes croyaient, cela me fait très plaisir.

Il y a du coup une grande pertinence à pouvoir déléguer sa facturation maintenant.

Attention la concurrence ne propose pas toujours les mêmes services que Cofidoc et il est difficile de rivaliser avec 20 ans d’expérience.

 

Vous proposez un service où vos clients ont plusieurs possibilités pour vous transmettre leur facturation, le format papier reste le plus utilisé.

Est-ce qu’une solution de transmission des données 100 % numérique, par le biais d’une application est envisageable ?

Oui et nous sommes en train de la développer.

Il y a bien sûr les fiches plannings Internet qui existent et nous voulons retranscrire cette solution avec les moyens de communication actuels.

 

Depuis plus de 3 ans, vous travaillez sur une nouvelle offre de services de relances d’impayés, baptisée Relance & Santé. C’est le futur ?

Non ce n’est pas le futur, c’est une solution complémentaire à l’offre de Cofidoc.

L’idée m’est venue à la demande de professionnels de santé qui veulent garder leur facturation et déléguer uniquement la partie qu’ils ne veulent pas gérer.

La relances d'impayés est la plaie de cette profession. Il y a une quantité énorme de professionnels qui se plaignent de ne jamais arriver à récupérer la totalité de ce qu'ils ont facturé.

Cela fait un an que l’on commence à le proposer et le besoin est bien présent.

 

Ça fonctionne pour n’importe qui ? médecin par exemple ? Quelles sont les conditions ?

Ça fonctionne pour n’importe qui. Toute personne qui a des impayés.

Nous avons deux offres :

L’offre Rescue est un service ponctuel sur une période donnée par le professionnel. Nous nous chargeons d’analyser et de récupérer les impayés.

L’offre Serenity est un service récurrent. Tous les mois nous faisons le pointage et la relance automatique d’impayés. Cette dernière est réservée aux gens utilisant Véga ou les logiciels de RM Informatique (INFI + 400, KINE + 4000, etc..)

Nous travaillons activement à développer cette offre avec d’autres logiciels.

D’ailleurs, nous souhaiterions que les éditeurs de logiciel ne nous voient pas comme un concurrent et plutôt comme un complément à leur logiciel.

 

De quoi êtes vous le plus fier dans l’histoire de Cofidoc ?

De cette idée que j’ai eu et qui m’a permis de créer une centaine d’emplois aujourd’hui. Cette histoire c'est aussi grâce à mon épouse, elle aussi infirmière libérale, qui est allergique au papier. Elle a été la première conquise !

Toucher autant de professionnels de santé partout en France fait que je me sens utile à cette profession.

Aujourd'hui certaines caisses d’Assurance maladie recommandent nos services auprès des professionnels et c’est une immense satisfaction.

 

Aujourd’hui, 21 juillet 2018, Cofidoc a 20 ans. Imaginiez-vous en 1998 célébrer cet anniversaire et être présent partout en France ?

Je l’espérais mais je n’y croyais pas. Tout le monde était persuadé que l’informatique allait envahir le marché et les services n’auraient aucune place dans cet univers.

Aujourd’hui c’est le contraire. Les gens se détachent de plus en plus de cette charge de travail conséquente qui est souvent au détriment du temps que l’on peut consacrer à ses patients.

Quelque chose est prévu pour fêter les 20 ans de Cofidoc ?

Oui. Un grand jeu concours est prévu pour nos clients à la rentrée et il y aura aussi une édition spéciale de l’Infirmière Libérale Magazine.

 

Vous regardez en arrière ? Vous vivez maintenant ? Vous imaginez demain ?

J’imagine déjà demain. Notre but étant d'être encore plus présent en France.

On voudrait être partout où il y a des infirmières, des taxis, des kinés, des sages-femmes, des ambulances, des orthophonistes….

Le mot de la fin :

Cofidoc devrait être reconnu d’utilité publique en tant qu’organisme sérieux. Je travaille pour que la CNAM reconnaisse notre travail.

Cofidoc apporte un vrai conseil auprès des professionnels de santé. On permet à beaucoup d’éviter des indus et des contrôles grâce à notre expérience, notre rigueur, notre savoir-faire et nos exigences auprès de nos clients.

La NGAP est complexe et aucune formation n’est prévue pour une infirmière qui s’installe. Elle doit se débrouiller seule.

Travailler avec nous c’est être conseillé et accompagné au quotidien ; c’est respecter la conformité par rapport aux exigences de l’Assurance Maladie.

 

En 2038, on vous donne rendez-vous pour les 40 ans de Cofidoc.

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